Depuis 1990, dans les campus universitaires des principales villes chinoises est célébrée le 11 novembre la journée des célibataires dite 光棍节  guāng gùn jié. Les Chinois étant très fétichistes des chiffres, ils y voient dans le chiffre 1 le symbole parfait du célibat. La date du 11.11  évoque donc quatre individus seuls mais ceux-ci n’ont pas vocation à le rester puisqu’en ce jour festif, ils se retrouvent entre amis dans un bar ou un restaurant pour, pourquoi pas, rencontrer l’âme sœur à cette occasion.

Une fête devenue très commerciale

Aussi populaire que notre Saint-Valentin, la fête des célibataires a vite fait l’objet d’une « récupération marketing ». Ainsi dès 2009, le leader du e-commerce chinois Alibaba incite, à coup de promotions exceptionnelles, les célibataires à se faire des cadeaux à l’instar de la fête des amoureux. Une journée folle d’achat qui s’apparente au fameux « Black Friday » aux Etats-Unis. Elle est désormais devenue une des journées de vente en ligne les plus importantes dans le monde avec plus de 16 milliards d’euros générés en 2016, transformant l’e-shopping en un divertissement désormais connu sous le nom de Global Shopping Festival.

Une fête qui cache une vraie problématique démographique

Cette frénésie d’un jour ne doit cependant pas faire oublier que le célibat, masculin, constitue une vraie préoccupation en Chine découlant de la période de l’enfant unique (de 1979 à 2015) amenant les familles à privilégier les descendances mâles. Il y aurait environ 30 millions de 光棍 guang gun, « des branches mortes » (métaphore de la branche d’arbre séparée de l’arbre, isolée donc) qui cherchent désespérément une femme à épouser au pays. Eh oui, en Chine, « les femmes ne portent plus sur leurs épaules la moitié du ciel » (tournure positive de la citation de Mao Zedong, ancien Président de la République populaire de Chine).

A cette « rareté mathématique » liée au déséquilibre homme/ femme, s’ajoute le souhait grandissant d’une partie de la gente féminine (majoritairement citadine, diplômée et indépendante financièrement) de ne plus être considérée comme « sheng nu, célibataire rebut » au-delà de 25 ans, la tradition voulant que les jeunes femmes aient convolé en justes noces avant cet âge fatidique.

Importance de la symbolique des chiffres

La fête des célibataires est aussi appelée 双十一 shuang shi yi, « double 11 ». C’est un choix qui repose essentiellement sur l’aspect visuel du chiffre 1 s’apparentant à un bâton unique, mais aussi parce qu’il est le 1er chiffre impair de la numération.

Il est intéressant de savoir que les Chinois donnent pour les autres chiffres une symbolique reposant sur la proximité phonétique avec d’autres mots impactant de façon aussi importante leur vie quotidienne. Découvrez-les en consultant gratuitement le chapitre 1* du manuel d’apprentissage Beijing Cursus consacré aux chiffres.

* chapitre 1 sur 9 chapitres constituant le tome 1 (niveau HSK 1+)